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Ezio Auditore - Assassin's Creed 2
Assassin's Creed 2 - Recherches

Assassin's Creed 2 : les canaux de Venise - Recherches
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

Assassin’s Creed, la mort du game over - 2e partie

SUITE et fin de cette petite réflexion née entre deux missions d’Assassin’s Creed 2. Où l’on parle de l’importance du stress dans le jeu vidéo, des effets pervers liés à son absence, de mes souvenirs de vieux joueur et des perspectives pour un avenir radieux et chantant où tous les jeux seront moins égaux dans leur conner... Hum ! Bref, suite et fin de cette réflexion sur la disparition du game over et ses conséquences dans Assassin’s Creed, entre autres.

SUITE et fin donc. J’aurai pu écrire ô bien des choses encore, mais j’ai essayé de rester concis. Reste que, comme prévu, aborder ce sujet m’a donné des idées pour un autre article dont vous entendrez peut-être bientôt parler (hum, bizarre cette tournure de phrase) sur ce même site. En attendant, bonne lecture !

Les bienfaits du stress

Assassin’s Creed - Stressé ? Par l’altitude ? ’racontez pas de bêtises... {JPEG}La disparition du stress - incarné par le game over, entre autres -, entraîne avec elle une série d’effets pervers. La perte d’intérêt pour le personnage joueur est un premier exemple. Comment en effet s’investir émotionnellement dans un jeu si l’on sait dès le départ que, quoiqu’il arrive, le héros n’est à aucun moment réellement exposé au danger (voir l’exemple d’Assassin’s Creed 2 cité en ouverture de la première partie de cet article) ? Passé le sentiment de toute-puissance (passez en god mode dans n’importe quel jeu et vous comprendrez au bout de 5 minutes que vous venez de perdre tout intérêt à jouer… sauf si vous avez 5 ans et que détruire les châteaux de sables de votre petit frère vous a toujours procuré énormément de satisfaction), on se désintéresse totalement du héros que l’on dirige pour le réduire à un simple véhicule qui vous emmènera du début à la fin de l’aventure. L’identification est nulle, tout comme l’investissement émotionnel, et donc la crainte ou le plaisir.

Des millions de joueurs, une expérience unique, mais la même pour tous

Assassin’s Creed 2 - Et tu as fait ce passage où tu arrives par derrière et tu plantes les deux gardes en même temps ? — Ben ouais.... — Ah ouais ? Cool... {JPEG}L’autre effet pervers est d’uniformiser l’expérience des joueurs. L’intérêt de cette immortalité est de procurer un plaisir immédiat, sans frustration et, dans le cas des joueurs « peu bons »©Marcus, de terminer enfin leur jeu, une condition essentielle pour leur donner l’envie d’acheter la suite. Le pendant négatif — et c’est sans doute dans cette brèche que s’engouffrent les détracteurs de la casualisation — peut se résumer par le fait que dans ces nouveaux jeux, populaires, tout le monde a gagné, tout le monde a 10/10, et tout le monde est un bon joueur. Tout le monde. [1] Mais plus que l’uniformisation de la performance, un aspect du jeu vidéo qui ne m’a jamais passionné, l’uniformisation de l’expérience individuelle me paraît plus problématique.


Notes

[1] Je vais enfoncer une porte ouverte, mais le temps où seuls quelques individus pouvaient se vanter de terminer Megaman X2 ou Ikaruga avec une seule vie ou en un temps record est révolu. Heureusement pour les accrocs aux high scores, certains jeux conservent par essence ces anciens schémas et placent le challenge au centre de leur gameplay. Mais ils tendent à devenir une classe très à part, parfois regroupés sous l’appellation de « sports virtuels » (Street Fighter IV, Starcraft, CounterStrike, etc.).

2 messages


    TITRE DU COMMENTAIRE – le 18 décembre 2010 à  21:22, par Yannick

    Plutôt sympa cette suite, un peu moins véhément que la première partie donc j’ai moins à réagir :)
    Globalement je suis d’accord avec toi !
    Y’a des développeurs qui prennent le parti des bons vieux joueurs, et en terme de popularité et de chiffres d’affaire, il me semble qu’ils font des bons chiffres. Je pense notamment à Bioshock (même si y’a vie illimité... je flippe sérieusement quand j’y joue ^^’), Dragon Age, Gears of War. Des jeux qui s’adressent autant à un public mature que casual.

        » Conseil de lecture ! – le 20 décembre 2010 à  21:08, par François

        Moi, je ne jure que par The Witcher 2 !
        J’ai peu joué à Bioshock. J’ai adoré l’ambiance (le peu que j’en ai vu du moins), mais j’étais bien trop handicapé pour y jouer sur X-Boîte avec un pad. Quant à Dragon Age, il me faudrait une deuxième vie pour y jouer ^^

        Pour en revenir à l’article, je ne le vois pas comme vraiment polémique. Disons que c’est un simple invitation à réfléchir et à poser quelques problématiques à plat. Si tu en as l’occasion, et si tu es fan d’Assassin’s Creed, je te conseille la lecture du bouquin cité en fin d’article « Les Sagas du jeu vidéo ». La dernière partie (« Décryptage ») apporte quelques éclairages intéressants sur les « problèmes » abordés plus hauts. Ils déplorent entre autres le gros plantage de la partie « infiltration », qui aurait dû être, à mon sens, au coeur du gameplay. Ou du moins, un minimum plus inspirée...



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