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Beasts of Burden #1
Beasts of Burden #1
Beasts of Burden #1
Beasts of Burden/Hellboy
Beasts of Burden/Hellboy
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

Beasts of Burden, la ligue canine extraordinaire

S’il y a bien quelque chose que je déteste autant que les pubs de bébés qui parlent, ce sont bien les animaux qui parlent. Le résultat est vain la plupart du temps, avec pour seules ambitions d’attendrir le public à moindre frais. Autant dire que je n’attaquais pas la lecture de Beasts of Burden dans les meilleures dispositions, une série pourtant louée par la critique et vaillamment soutenue par son éditeur, Dark Horse.

Mignon et vicieux

Malgré toutes mes réticences, justifiées ou non, il est difficile de ne pas tomber sous le charme des pages de Jill Thompson. Chaque planche, découpée avec intelligence, met en lumière son évidente maîtrise d’aquarelliste, et les couleurs, si elles servent parfaitement les ambiances champêtres surprennent (et pas qu’un peu) lorsqu’elles s’appliquent à dépeindre l’aspect cadavérique d’un chien zombie. En deux mots, Beasts of Burden est une réussite graphique incontestable. L’autre pari relevé haut la main est la déconcertante facilité avec laquelle Evan Dorkin bascule d’un gentil univers animalier à l’horreur pure et simple qui règne bien dans l’ombre des allées trop propres de Burden Hill. Le mélange des genres surprendrait s’il n’était pas aussi bien maîtrisé. La personnalisation des différents protagonistes est également bien sentie. La dynamique de l’équipe fonctionne bien, les caractères sont affirmés, les dialogues subtils et souvent drôles, les comportements en fonction des races, l’inimitié chien-chats, sont également bien exploités. Bref, la lecture de la série a su désamorcer mes préjugés.

Reste qu’à ce stade, alors que je tournai la dernière page d’Animal Rites, un détail m’empêchait toujours d’adhérer pleinement au concept. Quel était intérêt d’utiliser des animaux comme personnages principaux ? Remplacez-les par des enfants et vous aurez un nouveau Club des 5, remplacez-les par des phénomènes de foire et vous aurez un épisode de B.P.R.D., le tout bien écrit, mais classique. Bien sûr, l’anthropomorphisme (un peu facile) de certaines situations et les répliques bien senties arrachent sans mal un sourire, mais ça ne justifiait toujours pas l’alibi animalier à mes yeux.

Et puis, Hellboy est arrivé.

Une heureuse mise en perspective

Au terme d’une chasse au vampire dans les environs de Burden Hill, Hellboy, agent du B.P.R.D. en goguette, est attiré dans les bois par un étrange chien. La course s’arrête lorsque le démon fait la rencontre de Pugs, Ace et compagnie. Des animaux qui parlent, Hellboy a déjà vu plus impressionnant. Reste que l’affaire qui va les réunir le temps de cet épisode spécial aura le mérite de réclamer au routard du paranormal toute sa pugnacité... et un peu de chance.

Sollicité par Mignola lui-même, Evan Dorkin co-écrit cet épisode intitulé Sacrifice. [2] On sent que l’intégration du démon écarlate dans cette Pennsylvanie tranquille s’est faite très naturellement, à l’image de la facilité avec laquelle Jill Thompson s’est approprié le personnage. C’est une chose certaine : les univers des deux séries sont parfaitement compatibles.


Notes

[2] Plus d’informations, en français, sur la conception de cet épisode dans ce chouette article du site BPRD.Centerblog.net.

2 messages


    Beasts of Burden, la ligue canine extraordinaire – le 14 novembre 2010 à  15:38, par Astro Blondie

    Comme dirait un personnage de série américaine : « you got me at cannibal frogs ». Je te l’emprunterais bien à l’occasion !

    Sinon, encore une preuve que c’est pas ces branleurs de chats qui sauveront le monde... Je dis ça, je dis rien.

        » Beasts of Burden, la ligue canine et féline-friendly extraordinaire – le 16 novembre 2010 à  22:44, par François

        Pour la défense de la gente féline, y’a quand même un chat dans cette équipe canine... Sans doute pour rattraper le fait que la plupart de ses congénères font rien qu’à miauler en choeur en se frottant aux jambes de leurs sorcières de propriétaires. Sales chats !



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