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Portfolio

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Planche 2
Planche 3
Planche 4
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

Criminal, de l’encre et du plomb

RÉCOMPENSÉ en 2007 par l’Eisner Award de la Meilleure Nouvelle Série, Criminal est devenu la référence polar qu’il manquait au comics, et le genre de titre à conseiller les yeux fermés aux réfractaires. Une maîtrise de la narration rare, des héros pitoyables, un graphisme « habité »... Avec cette série, Brubaker et Phillips lâchent un joli pavé dans la vitrine de la société américaine.

LE polar est un genre dit classique, quasiment un exercice de style. Ses principaux codes sont connus du moins éclairé des amateurs et aborde immanquablement les limites de notre société moderne et les failles inhérentes à chaque individu. Ed Brubaker (Captain America, Daredevil, etc.), tout talentueux qu’il est, ne réinvente pas le genre. Reste qu’il possède cette intuition de l’âme humaine qui lui permet de transformer une chronique des bas-fonds (l’essence même de Criminal) en un ballet gracieux de gueule- cassées qui, du premier rôle au second couteau, méritent qu’on lui consacre un album. C’est justement le propos de la série.

La peur comme assurance-vie

Dans son premier tome, Lâche ! (Coward ! — 2007), Brubaker s’attache au personnage de Leo. Fils de Tommy Patterson, braqueur de renom mort en prison, Leo grandit dans le Milieu et apprend tout de ses aînés, tout et très vite. Depuis, il vit en marge de la société, réglant son pas sur celui de sa prochaine victime. Chaque coup doit être calculé au millimètre et à la seconde près. L’art du braquage est une science qui, si elle n’a rien d’exacte, doit obéir à plusieurs règles. Réfléchi et prudent, Leo a appris à toutes les respecter. L’une d’elles domine néanmoins toutes les autres : la peur de mourir vous maintient en vie. Appelez ça de la lâcheté, Leo vous répondra que les morgues sont remplies de jeunes crétins sevrés au rap, et refroidis, un uzi à la main. Pourtant Leo se laisse embarquer dans un casse qui contredira chacune de ses règles. Aussi lorsque l’opération dérape, il doit fuir ses anciens associés et embarquer avec lui ce qui le raccroche encore à la vie : Greta, la veuve d’un ancien partenaire, et Ivan, son père d’adoption. Les pièces sont en place, la partie d’échecs peut commencer…

Du plomb sous le sapin

Dans le deuxième tome, Impitoyable (Lawless — 2007), nous faisons la connaissance de Tracy Lawless. En délicatesse avec son ancien employeur, Tracy a en réalité déserté l’armée américaine après plusieurs années de bons et loyaux services, d’opérations secrètes en campagnes afghanes. C’est sous le manteau cotonneux de Noël que que l’ex-militaire retrouve, après 20 ans d’absence, les rues qui l’ont vu grandir.


Sur le net : Extrait du tome 1



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