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Portfolio

Captain America #1 (mars 1941), par Joe Simon
Extrait de Captain America #2 (avril 1941), par Jack Kirby
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

Dieu et les comics : De l’existence de Dieu dans un monde de super-héros - 2e partie

APRÈS avoir fait état dans une première partie de la très discrète présence de Dieu au sein des univers Marvel et DC, intéressons-nous aux raisons qui pourraient expliquer cette grosse frilosité à l’égard de la question religieuse. Où l’on apprendra que Jack Kirby est Dieu en vrai, que Stan Lee et Friedrich Nietzsche auraient eu bien des choses à se dire et que la bonne morale du Comics Code Authority a bien joué son rôle d’appauvrissement culturel.

Si l’origine de l’absence de Dieu dans les pages de nos comics peut trouver une explication dans la rancœur et une certaine désillusion religieuse de ces auteurs, elle a pu trouver par la suite une autre justification.

La position de Stan Lee

L’inoxydable Stan Lee {JPEG}Dans un article intitulé « Holy Superhero ! Comic books increasingly making reference to faith » [2], Bill Radford analyse le tabou de la religion au sein des comics, et la position de Stan Lee sur le sujet. Dans l’introduction de l’ouvrage The Gospel According to Superheroes, Stan Lee, créateur, scénariste et éditeur légendaire de l’industrie du comics, explique qu’il a toujours scrupuleusement évité toute référence à une religion spécifique dans ses récits. « Disons qu’en tant que scénariste, j’opte pour l’égalité des chances en la matière. », explique-t-il. « Lorsque les premiers comic books sont apparus à la fin des années 30, l’Amérique était censée représenter le melting pot », ajoute l’écrivain Douglas Rushkoff. « Ils étaient une métaphore culturelle de la société américaine. La religion et l’ethnicité devaient être subordonnées à notre nationalité américaine. Je pense qu’aujourdhui nous sommes, au contraire, à la recherche de nos racines. »

Le Comics Code Authority, ou les limites de la pensée unique

Le sigle du Comics Code Authority {JPEG}Dans cet article, Radford fait également référence au Comics Code Authority qui régula, proscrivit disons, les contenus licencieux (nudité, référence à l’usage de drogues, pornographie, etc.). Ce Code possède également des restrictions très explicites concernant la religion. Durant de nombreuses années, la raison de ce tabou religieux qui limita sérieusement l’identification de notre réalité à celle des comics découlait de l’adhésion de la majorité des éditeurs à ces restrictions. On retrouvait effectivement dans le Comics Code de 1989 mentionnée ces restrictions appliquées à la « charactérisation/définition » des personnages : « La description des personnages devra se montrer particulièrement prudente au sujet des sensibilités nationales, ethniques, religieuses, sexuelles, politiques et socio-économiques. Si cela se révèle réellement approprié pour un personnage d’en dénigrer un autre à propos de son sexe, de sa religion, de ses orientations sexuelles, politiques ou socio-économiques, la responsabilité ultime ne devra en aucun cas porter sur le personnage incriminé lui-même. Les héros doivent être des modèles et le reflet des valeurs sociales dominantes. »


Notes

[2] publié dans le Colorado Springs Gazette, (6 mai 2006).



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