Accueil du site > CMJN > « Go Fuck Yourself Alan Moore », ou la réaction d’un auteur blessé par son (...)

Portfolio

Watchmen
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

« Go Fuck Yourself Alan Moore », ou la réaction d’un auteur blessé par son idole

POUR tout dire, j’avais prévu de mettre en ligne une « rétrographie » sur Batman ce week end, et puis je suis tombé sur l’article de Rich Johnston, sur le site Bleeding Cool, mettant fin (en ce qui me concerne) à la controverse débutée en septembre dernier suite aux déclarations d’Alan Moore sur le néant créatif de l’industrie du comics, et relancée par la réaction épidermique de Jason Aaron (Scalped). Voici donc un résumé de cette affaire dont l’épilogue, dicté par Rich Johnston, m’a poussé à mettre en ligne cet article. Où l’on apprend qu’au-delà des propos, parfois provocateurs, d’Alan Moore, il se dégage quelque vérités qui, si elles sont difficiles à encaisser pour certains, font du bien à lire.

CELA fait donc quelques semaines que l’on peut suivre la petite polémique autour des dernières déclarations d’Alan Moore. Tout a commencé sur le site BleedingCool. Interrogé par Adi Tantimedh sur l’état des droits de la licence (sic) Watchmen (en résumé, pourquoi les gens de DC ont-il eu besoin de la signature d’Alan Moore pour envisager de faire une suite à la série s’ils en possèdent les droits ?), Moore relatait ses rapports affligeants avec son ancien éditeur, DC Comics, ainsi que son sentiment amer sur l’état de la création dans l’industrie du comics. La réaction du milieu — Jason Aaron en tête — ne s’est pas faite attendre.

Alan Moore, ou l’art d’apporter des réponses inattendues aux questions que personne ne s’était posées jusqu’ici

Alan Moore - 2009 {JPEG}Depuis la digestion par le public de Watchmen (publié dès 1986), Alan Moore a acquis son statut d’icône indéboulonnable, rejoignant au panthéon du comics les Jack Kirby, Mike Mignola, Will Eisner, Frank Miller, Neil Gaiman et consorts. Il faut reconnaître que peu de champs ont échappé au génie de Northampton : la politique (V pour Vendetta), les super-héros (Watchmen, Supreme, MarvelMan), l’horreur (Swamp Thing), la littérature (La Ligue des Gentlemen Extraordinaires), la pornographie (Filles Perdues), le policier (From Hell),etc. Auteur prolifique durant les années 80-90, sans jamais se départir d’une constante qualité d’écriture [1] (son secret ? « N’écrivez pas pour devenir célèbre ou riche. Écrivez parce que vous aimer écrire. Alors, seulement pour cette raison, vous aurez de grandes chances d’y arriver. Et ne faites aucune concession, parce que votre vision est la seule chose qui vous appartient vraiment. »), Alan Moore est aujourd’hui connu pour ses coups de gueules à répétitions à l’encontre de DC Comics [2], de sa manière de traiter ses auteurs - lui en particuliers -, et de l’indécence avec laquelle ses œuvres ont été adaptées au grand écran par Hollywood. Aussi, malgré toute la légitimité de son amertume, Alan Moore, comme tout ce qui se répète pendant trop longtemps dans notre société, a fini par lasser un auditoire de blasés lorsqu’il a étendu sa réflexion acerbe à l’état de l’industrie du comics.

La voix du Maître...

Voici un extrait de son interview donnée à Adi Tantimedh pour le site BleedingCool (dont je vous recommande, bien évidemment, la lecture en intégralité) :
« Lorsque Dave Gibbons (NdT : dessinateur de Watchmen) me téléphona, il m’assura que ces suites, préquelles, spin-offs (NdT : les éditeurs de DC proposèrent à Alan Moore de lui rendre les droits de Watchmen en échange de son aval pour créer de nouveaux épisodes. [3]) seraient assurées par “des créateurs de haut niveau de l’industrie du comics”. Mais, à bien y réfléchir, je ne pense pas qu’il existe de « créateurs de haut niveau » à l’heure actuelle dans toute l’industrie. Je ne pense même pas qu’il existe de créateurs de moyen-niveau ou de bas-niveau(…)


Notes

[1] Bon d’accord, il y a bien quelques déchets, mais si peu.

[2] et Wildstorm/ABC, le label sous lequel il publia Tom Strong, La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, Promethea et Top Ten

[3] Src : Alan Moore : « I don’t want Watchmen back » - wired.com

1 Message


    « Go Fuck Yourself Alan Moore », ou la réaction d’un auteur blessé par son idole – le 10 février 2011 à  12:11, par Yoann

    La puissance de la barbe d’Alan Moore est sans limites. Content de que nos discussions donnent lieu à de beaux articles \o/



    ARTICLES
    « PRÉCÉDENTS | SUIVANTS »


    Dieu et les comics : De l’existence


    Portugal, un album de Cyril (...)