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« Go Fuck Yourself Alan Moore », ou la réaction d’un auteur blessé par son idole

POUR tout dire, j’avais prévu de mettre en ligne une « rétrographie » sur Batman ce week end, et puis je suis tombé sur l’article de Rich Johnston, sur le site Bleeding Cool, mettant fin (en ce qui me concerne) à la controverse débutée en septembre dernier suite aux déclarations d’Alan Moore sur le néant créatif de l’industrie du comics, et relancée par la réaction épidermique de Jason Aaron (Scalped). Voici donc un résumé de cette affaire dont l’épilogue, dicté par Rich Johnston, m’a poussé à mettre en ligne cet article. Où l’on apprend qu’au-delà des propos, parfois provocateurs, d’Alan Moore, il se dégage quelque vérités qui, si elles sont difficiles à encaisser pour certains, font du bien à lire.

C’est sans doute là, la source de l’amertume de Jason Aaron (scénariste et créateur de Scalped), touché dans sa chair d’auteur, de ne pas avoir été lu par son (ex-)Maître à penser. Voici une partie de sa réponse (je vous épargne la démonstration d’amour aussi touchante que pathétique qui précède cet extrait) : « Vas te faire foutre, Alan Moore. Et adieu. Cette fin d’année 2010 signe également la fin de mon intérêt pour tout ce que tu pourras encore déclarer ou faire. Tu pourrais continuer sur ta fin de carrière à créer tes meilleures œuvres que je ne te donnerais plus un sou. Pas plus que tu n’auras droit à une once de ma sympathie. Regarde-moi bien : c’est officiellement fini entre nous. Merci pour toutes ces belles années. »

Il ajoute ensuite :
Jason Aaron, auteur de Scalped {JPEG}« En tant que fan, je peux plus tolérer quelqu’un qui m’insulte moi et mes amis aussi ouvertement. Je sais très bien que le comics a toujours eu sa part de vieux grincheux. Et je sais aussi que, la plupart du temps, ces personnes ont toutes les raisons d’être aigries à l’égard de la manière dont l’industrie traite les créateurs depuis des années. Mais je n’avais jamais pensé qu’un jour l’un d’entre eux m’accuserait pour ce genre de situation. Et je ne soutiendrai ni se laisserai Alan Moore le faire, même s’il possède cette barbe exceptionnelle.

Aussi, bonne nuit, Alan Moore, où que tu sois. Je te souhaiterais bien mes meilleurs vœux pour cette nouvelle année, mais tu ne saurais pas quoi en faire, pas vrai ? »

Jason, il est temps de lâcher le bord de la piscine maintenant...

Oedipe et le Sphinx, par Gustave Moreau - 1864 {JPEG}Jason Aaron n’a rien d’un débutant, ou du moins, s’il n’a pas autant d’ancienneté qu’un Grant Morrison ou qu’un Ed Brubaker, il a tout de même créé la meilleure série publiée par Vertigo depuis longtemps : Scalped. Honnêtement, je ne sais pas si Jason Aaron a choisi le nouvel an pour se démarquer d’une pensée unique en attaquant le Père Moore à la gorge ou s’il a réellement pris personnellement ces critiques adressées à une industrie entière. Dans les deux cas, il n’en ressort pas grandi. Que reproche-t-il à Moore ? De ne pas avoir lu sa série ? D’appuyer là où ça fait mal ?

Sans vouloir sombrer dans la psychologie de comptoir, je trouve à cette lettre d’amour/haine toutes les apparences du besoin d’Aaron de « tuer le père », preuve de l’intérêt indéfectible qu’il portera malgré lui aux œuvres de Moore, passées si ce n’est futures. Un genre de « fuck » qui perd toute sa force s’il n’est pas remarqué par son destinataire. Et je doute sincèrement que Moore ait prêté attention aux « bons vœux » d’Aaron.


1 Message


    « Go Fuck Yourself Alan Moore », ou la réaction d’un auteur blessé par son idole – le 10 février 2011 à  12:11, par Yoann

    La puissance de la barbe d’Alan Moore est sans limites. Content de que nos discussions donnent lieu à de beaux articles \o/



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