Accueil du site > CMJN > « Go Fuck Yourself Alan Moore », ou la réaction d’un auteur blessé par son (...)

Portfolio

Watchmen
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

« Go Fuck Yourself Alan Moore », ou la réaction d’un auteur blessé par son idole

POUR tout dire, j’avais prévu de mettre en ligne une « rétrographie » sur Batman ce week end, et puis je suis tombé sur l’article de Rich Johnston, sur le site Bleeding Cool, mettant fin (en ce qui me concerne) à la controverse débutée en septembre dernier suite aux déclarations d’Alan Moore sur le néant créatif de l’industrie du comics, et relancée par la réaction épidermique de Jason Aaron (Scalped). Voici donc un résumé de cette affaire dont l’épilogue, dicté par Rich Johnston, m’a poussé à mettre en ligne cet article. Où l’on apprend qu’au-delà des propos, parfois provocateurs, d’Alan Moore, il se dégage quelque vérités qui, si elles sont difficiles à encaisser pour certains, font du bien à lire.

Difficile de faire abstraction d’une référence telle que Moore à sa propre existence de créateur. C’est pourtant la position que prône l’auteur de Watchmen. Parce qu’un auteur n’a rien à gagner à viser la célébrité ou la fortune, il n’a rien non plus à gagner à chercher la reconnaissance de ses pairs ou à se comparer à d’autres œuvres. Moore dirait sans doute à Aaron que l’important est de continuer à écrire pour lui. Personne ne pourra jamais le lui enlever, ni le lui reprocher. Ses expériences, sa personnalité, son ressenti deviendront ses seules références. Il sera dès lors imperméable à toutes les saillies, y compris à celles de l’auteur qu’il respecte le plus.

Se sortir le clavier du fondement

Robert Kirkman {JPEG}En 2008, Kirkman rappelait dans son manifeste pour le creator owned (les créations d’auteurs) la nécessité vitale pour les auteurs de comics de ne pas se laisser déposséder des droits de leurs droits par les éditeurs et les encourageait à quitter Marvel et DC pour créer leurs propres séries. Mark Millar, par ses provocations faciles, nous rappelle ce que le comics peut être un produit marketing comme les autres et un medium capable du pire comme du meilleur. Alan Moore, lui, affirme bien sûr que Watchmen est une chouette lecture, mais qu’elle n’est en rien la fin de toute chose en matière de comics, et nous rappelle surtout que l’on est en droit de réclamer d’avantage de qualité et de créativité de la part des auteurs, comme des éditeurs. Le comics, ou du moins son public, a besoin de ces détracteurs qui sont autant de bips sur son électrocardiogramme. Aussi, il est possible que Jason Aaron se soit senti senti trop personnellement touché par les sarcasmes de Moore pour y voir, au contraire, les encouragements de ce dernier à le dépasser, à faire son propre Watchmen... non, à faire mieux que Watchmen !

Enfin, au crédit d’Aaron, on mettra ce commentaire sur son twitter : « Si je meurs accidentellement dans une attaque de serpents, vous saurez où chercher l’auteur ». Au moins, le bonhomme ne manque pas d’humour.

L’épilogue

Pour terminer, voici l’avis de Rich Johnston, rédacteur hyper-actif du site BleedingCool qui mis en ligne l’interview qui déclencha l’affaire. Son point de vue est intéressant car il dépasse de loin le constat de l’existence nécessaire de grandes gueu... contre-pouvoirs dans l’industrie du comics pour se concentrer sur ce que ces personnalités ont déjà apporté au medium.


1 Message


    « Go Fuck Yourself Alan Moore », ou la réaction d’un auteur blessé par son idole – le 10 février 2011 à  12:11, par Yoann

    La puissance de la barbe d’Alan Moore est sans limites. Content de que nos discussions donnent lieu à de beaux articles \o/



    ARTICLES
    « PRÉCÉDENTS | SUIVANTS »


    Dieu et les comics : De l’existence


    Portugal, un album de Cyril (...)