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Hellboy - The Storm #2 par Mike Mignola & Duncan Fegredo
Hellboy - The Storm #2 par Mike Mignola & Duncan Fegredo
Hellboy - The Storm #2 par Mike Mignola & Duncan Fegredo
Hellboy - The Storm #2 par Mike Mignola & Duncan Fegredo
Hellboy - The Storm #2 par Mike Mignola & Duncan Fegredo
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

Hellboy : la Tempête avant la Fureur

SI l’on a appris récemment le départ de Duncan Fegredo de la série et le retour de Mignola pour le (les ?) dernier arc de l’épopée d’Hellboy, il nous reste tout de même encore un peu de temps pour contempler les somptueuses pages du dessinateur anglais. Et celles de The Storm comptent parmi les plus réussies. Et puis, c’est bien la première fois depuis plusieurs années que les aventures d’Hellboy deviennent imprévisibles.

Certes, l’ancien schéma fonctionnait bien, mais toujours au détriment d’une certaine prise de risque. Le résultat est bluffant et les conséquences inattendues (Hellboy, descendant du Roi Arthur !). Et surtout, pour la première fois depuis longtemps, la série donne l’impression d’avancer dans une direction mûrement réfléchie. Les fans de Mignola n’en demandaient peut-être pas tant... car qui dit évolution dit également fin programmée.

Tout ça, c’est à cause de l’alcool...

Mignola a sans doute bien conscience des errements auxquels la série a été sujette depuis ses débuts. Aussi, dans le premier épisode de cette mini-série en trois parties, on sourit lorsque, par la bouche d’Hellboy, l’auteur résume l’ensemble de sa série (depuis son départ du B.P.R.D., en gros) et met ces vagabondages intempestifs sur le compte de l’alcool. Le procédé est drôle et osé, et entre surtout en parfaite résonance avec la personnalité d’Hellboy. L’œuvre de Mignola a sans doute eu besoin de se chercher et nous a permis de découvrir un univers et un personnage unique et bourrés d’obscures références, transformant parfois la série en véritable point d’entrée vers d’autres oeuvres, plus littéraires (Edgar Allan Poe, Mary Shelley, H.P. Lovecraft, Bram Stoker, Robert E. Howard, etc.). La voir évoluer de cette façon est sans aucun doute la plus belle surprise que Mignola pouvait offrir à ses lecteurs.

Le piège du doute

Chronologiquement, nous sommes à un tournant décisif de la quête d’Hellboy. S’il ne s’agit pas de la dernière ligne droite, Mignola a bien signifié son intention de terminer la série dans un avenir proche (plus ou moins cinq ans). À ce stade, notre démon doit choisir s’il veut ou non prendre le commandement de l’armée des hommes contre le peuple des fées. C’est du moins le choix que lui impose Morgane la Fée, personnage on ne peut plus ambigu. Malgré l’enjeu, Hellboy ne le sent pas. Il sait qu’il doit affronter la Reine de Sang, qu’il a tout fait pour s’emparer d’Excalibur (lire La Grande Battue), mais malgré le chemin parcouru, quelque chose sonne faux et le fait hésiter. Il rejette alors Excalibur, symbole de son prestigieux héritage, et tourne le dos à son armée, laissant Alice seule dans ce pub, entourée d’une armée de morts-vivants, figés dans l’attente. Cette démission d’Hellboy, fendant cette foule en armure inanimée a presque quelque chose d’émouvant, tant on le devine en proie au doute.




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