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Ron Marz, scénariste
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

La Mort et les super-héros : l’impossible repos du guerrier

LE sujet traînait dans un coin de ma tête depuis un moment déjà. Depuis trop longtemps visiblement puisque je me suis fait rattraper par l’actualité. Mais lorsqu’elle s’exprime par la voix de Ron Marz, scénariste actuel de Witchblade, pourquoi ne pas relayer et poursuivre la réflexion sur la place et l’impact de la mort dans les comics de super-héros ?

DE la même façon que les comics de super-héros du golden et du silver age semblent peiner à intégrer l’existence de Dieu (voir l’article en deux parties : Dieu et les super-héros), on retrouve cette incapacité à gérer de manière réaliste la mort d’un personnage. La mort, par définition, est définitive... sauf, bien évidemment, chez les super-héros. Voici le point de vue du scénariste Ron Marz développé dans une tribune du site Comic Book Resources. Pour bien situer le contexte de son introduction, tout débute avec l’ « évémenent » qui secoue, pour quelques jours encore, le Marvelverse [1] : la mort de l’un des 4 Fantastiques. La parole est à Ron Marz.

Fantastic Four #588 {JPEG}« Si vous ne savez toujours pas quel personnage des Fantastic Four est mort cette semaine, rassurez-vous, je ne vous l’annoncerai pas ici. Beaucoup de personnes semblaient avoir déjà deviné son identité avant sa publication mardi, remarquant que ce personnage était le seul à ne pas être mort auparavant. Je vous laisse faire votre pronostic. Dans cette série, trois des personnages sont déjà morts au moins une fois et sont revenus.

Cette colonne n’est pas une critique du numéro de Fantastic Four en question. Je ne l’ai même pas encore lu. Selon moi, la mort doit être employée comme la composante d’un scénario sur le long terme, un peu comme la mort de Captain America (et la résurrection, bien que totalement improbable, de Bucky avant les faits) a pu apporter une vraie force narrative (au scénario de Brubaker) dans son ensemble. Je ne suis pas contre la mort dans les comics de super-héros, en aucune manière. Ce qui me pose problème, c’est l’aspect temporaire de cette mort, et la facilité avec laquelle nos héros émergent de leur tombe, frais comme la rosée.

Cela ne signifie pas que de bonnes histoires ne peuvent pas être centrées autour de la mort et du retour inévitable d’un personnage important (Et si vous pensez vraiment que le personnage des FF mort cette semaine ne reviendra jamais... surtout quand il y a une franchise à entretenir derrière... il doit me rester un pont de Brooklyn à vous vendre.) Mais la prolifération des morts dans les comic books a transformé ce climax dramatique en quelque chose de finalement banal. Pire, la mort est devenue un cliché.


Notes

[1] L’univers Marvel



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