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Portfolio

Je suis invisible ! Je suis invisible !
Si vous avez un crayon, moi, je vous fais un dessin.
Chef ! Chef ! Vous devinerez jamais ! Will, ta bouche !
C'est fou ! Y'en a même là !
Bon, je vous préviens : le bleu pique un peu...
A droite, le brillant Will... Oui, c'est facile de prendre des sales (...)
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

Prends-moi pour un Rubicon...

AH je déteste quand je suis comme ça ! Ça commence toujours insidieusement. Je tire sur un fil, puis un autre. Au début, c’est amusant et puis l’exercice prend rapidement le pas sur le plaisir. Vous savez, cette sensation de penser que l’on peut tout prévoir à l’avance, d’être plus malin que les scénaristes. Je déteste vraiment quand ça arrive. Ça m’ennuie d’autant plus quand c’est justifié.

J’AI commencé Rubicon plein d’espoir. C’était AMC, c’était beau, lent, tellement cosy qu’on croirait le tout filmé avec une caméra en tweed. Non vraiment, la photo et le thème (aaah, les complots...) avaient tout pour me séduire. Et puis, de lent et posé, j’ai trouvé ça un poil chiant.

Un rapide résumé

Will est un esprit brillant, légèrement « coupé du monde », spécialisé dans la reconnaissance des schémas, récurrences et décryptage des codes. Brillant à tel point qu’il travaille depuis quelques années au sein de l’American Policy Institute, une agence chargée de processer les données sensibles du monde entier et de vendre ses analyses à la NSA, au FBI, à la CIA, etc. Un matin, un puissant homme d’affaires, Thomas Rhumor, se suicide, puis c’est au tour du mentor de Will de disparaître dans d’étranges circonstances, quelques heures après que Will lui ait fait part de la découverte d’un code dans les mots-croisés de quatre grands quotidiens. On apprend par la suite qu’il s’agit d’un code d’activation. À qui est-il destiné ? Dans quel but ? C’est là tout le mystère de la conspiration à grand échelle qui se profile.

Plus c’est lent...

En matière de série lente à l’allumage, je suis déjà passé par The Wire, série au cours de laquelle j’ai revu mon jugement après quatre épisodes : quand c’est lent, ça peut aussi être bon, voire excellent, favoriser les montées en puissance sur plusieurs saisons, jouer sur les nuances, etc. Bref, j’étais dans un état d’esprit plutôt réceptif pour commencer Rubicon. Et puis, le doux ennui, la délicieuse torpeur de certains plans a commencé à se cristalliser sur des détails insignifiants. Ben oui... Quand on a le temps de scruter chaque plan, soit on est séduit par l’esthétique de l’ensemble, soit, quand on a une mauvaise nature comme moi, on cherche le défaut dans la cuirasse. N’est pas David Simon [1] qui veut.

Wrong !

Quand la chasse aux incohérences devient votre sport préféré sur une série, c’est que quelqu’un n’a pas bien fait son boulot, s’est endormi pendant le montage de l’épisode... ou qu’il y a eu un sérieux changement de direction depuis le pilote. Autant c’est amusant lorsqu’il s’agit de V (où le challenge tient en général à trouver deux plans cohérents de suite), autant sur une série à potentiel, ça vous gâche la vie... quand on n’a que les séries dans la vie, cela s’entend.

Avec Rubicon, j’ai l’impression d’avoir une équipe qui essaie d’entretenir une illusion de maîtrise sans être réellement convaincue de ce qu’elle me raconte. Sans doute, la même impression qu’on eu les profs devant lesquels je passais mes oraux à la fac. Tous aimeraient nous faire croire qu’ils savent manipuler les intrigues complexes, les complots aux tenants inextricables, les tensions de ouf, etc.


Sur le net : Site d’AMC

Notes

[1] le créateur de la série The Wire, puis Treme



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