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Skate 2 - janvier 2009
Skate 3 - mai 2010
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

Skate : la vautre en chantant

JE dois me rendre à l’évidence : je ne suis pas doué pour parler de musique. C’est comme pour parler de réalisation de film, je... ne trouve tout simplement pas les mots. Tout le reste, pas de problème, mais la musique (et le cinéma donc), je reste sec, la langue collée au palais, lèvres scellées... Mais je ne baisse pas les bras, je relève le défi et aujourd’hui, je vais vous parler de musique ! Et pas n’importe laquelle !

AUSSI, pour tenter l’aventure du jour (« Parler de musique » pour ceux qui ne suivent pas), je vais prendre une béquille : le jeu vidéo, et l’excellente série des Skate (2 et 3) pour exemple. Skate d’EA Black Box s’est imposé dès 2007 comme le challenger de la licence Tony Hawk en matière de jeu de... skate. Plus centrée sur la simulation, la série s’améliore au fil des éditions, et même si on regrette une très discrète évolution graphique, on apprécie le réalisme du moteur physique (et le mode boucherie !). « Moteur phy-quoi ? »... Nan, laisse tomber, Tony.

Tant de cerveaux disponibles...

Jouer au jeu video rend con, nous sommes bien placés pour le savoir. Les développeurs de jeu également. Effectivement, quel meilleur moyen pour faire rentrer un truc dans la tête d’un joueur que de le lui asséner tout au long de ses longues parties décérébrantes ? La tête du joueur est alors molle, tout rentre dedans comme dans du beurre [1]. Pour le meilleur, et parfois pour le pire. Aussi, en attendant d’avoir de véritables leçons d’Histoire implémentées entre deux quêtes (Assassin’s Creed s’y essaye), on doit se contenter, au pire, de publicités ingame et, au mieux, — j’y viens — de musique ! Et comme n’importe quel joueur de Guitar Hero reconnaîtra au premier coup d’oreille la mélodie entêtante d’un Sweet Child O’Mine des Guns ou la myriade de notes vomie par cet obscur titre de Dragonforce, le joueur de Skate pourra vous péter un 540 inward heelflip en fredonnant le Put On de Young Jeezy ou le S.K.A.T.E. des Korrupted Hoodlums. Ça fait rêver, hein ?

Punk & funk à roulettes

Le jeu vidéo participe à sa façon à élargir nos horizons culturels sans peine, mais surtout sans douleur. Et quel genre de jeu peut se vanter de pouvoir enchaîner du Black Sabbath avec le groove shaftesque d’Anubis ou encore les violons hippies d’ELO en passant par le mood limite cold wave d’Order de Joy Division et la flûte traversière de Going Up To The Country de Canned Heat ? Hein, quel genre de jeu ? Ouais, mon pote ! Les jeux de Skate parce que le skate, c’est cool, mais surtout parce la culture musicale du skateur est aussi laxe que l’élastique de son caleçon. Au fil du temps, la planche à roulette est devenue une véritable interface pour les courants culturels de ces 30 dernières années. Du hippie en chaussures taillées dans le pneu au californien en micro short des années 70, du petit énervé abreuvé au grind core en passant par... hum, j’ai déjà utilisé cette figure de style. Bref, vous voyez l’idée...


Notes

[1] enfin... tout ce qui ne demande pas une réponse construite en retour... C’est très dur de tenir une conversation intéressante en jouant.



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