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Portfolio

Spawn #95
Spawn #95
Sandman #6
Sandman #6
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

Spawn, du sable et des chaînes...

EN reprenant la lecture des épisodes de Spawn, lâchée il y a quelques années (vers le #50), j’ai pu me rendre compte de la direction prise par la créature de Todd McFarlane. Cependant, entre temps, j’ai également fait la connaissance de l’onirique Sandman de Neil Gaiman. Évidemment, avec mon esprit tordu, et après avoir été titillé par quelques détails, j’ai commencé malgré moi à comparer les deux personnages, jusqu’à arriver à la conclusion que la contribution (volontaire ou non) de Gaiman sur la série Spawn ne s’était en fait peut-être pas bornée à l’écriture de quelques épisodes...

Aucun des deux personnages ne semblent donc enclin à prendre la charge d’une telle responsabilité. Par peur ? Par fainéantise ? Par impuissance ? Non, simplement Spawn, comme Sandman, ne sont pas à la recherche d’un autre pouvoir que celui de maîtriser un tant soit peu leur destinée.

Humanitas erratum est

En abordant cet arc de la série Sandman - A Season of Mist -, un autre détail vient confirmer le lien entre les deux personnages. Je reprends donc : Sandman détient les clés de l’Enfer qu’il met aux enchères... (Tout le monde raccroche les wagons ? Bien.) Donc, lorsque le vicieux Azazel plaide sa cause devant Sandman, le démon met en jeu l’âme de Nada, la seule humaine que le Maître des Rêves ait jamais aimée et qu’il condamna à passer quelques dix milles ans en Enfer, après qu’elle refusa de devenir sa reine. Ici, le parallèle avec l’histoire de Spawn n’est pas très difficile à établir pour qui a dépassé le #10 de la série de McFarlane. En effet, Nada, comme Wanda, rappelle à chacun de nos personnages l’humanité à laquelle ils ont pu, ou auraient pu, appartenir. Si Sandman a tout de suite écarté cette option (après son refus, Nada lui proposa néanmoins de la rejoindre parmi les mortels), Spawn/Al Simmons sera un peu plus long à réagir (une centaine de numéros quand même !). Cependant, même à son rythme, la créature de Todd McFarlane a su évoluer...

Un chemin pavé de sable

Au départ de leur œuvre respective, les deux auteurs proposent un archétype de héros diamétralement opposé. Dans le coin gauche du ring, cape rouge et chaînes rutilantes, Spawn, aka Al Simmons, mort-vivant rompu aux arts guerriers, deux mètres, un chien fou de 600 kilos de muscles putréfiés, mais totalement inexpérimenté, incapable de maîtriser ses nouveaux pouvoirs. Dans le coin opposé, Sandman, Morpheus, le Marchand de Sable, le Maître des Rêves, un corps d’adolescent dans sa toge noire ouverte aux vents, parfaitement maître de lui-même, du genre cérébral. Cette comparaison pour faire passer l’idée que là où Sandman connaît, dès le début de la série, tout de ses devoirs, de sa place dans le panthéon des Éternels, de son domaine d’action et de ses pouvoirs, Spawn, lui, depuis sa renaissance, nage en plein brouillard.




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