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Spawn #95
Spawn #95
Sandman #6
Sandman #6
Les visuels et illustrations sont © leurs auteurs respectifs.

Spawn, du sable et des chaînes...

EN reprenant la lecture des épisodes de Spawn, lâchée il y a quelques années (vers le #50), j’ai pu me rendre compte de la direction prise par la créature de Todd McFarlane. Cependant, entre temps, j’ai également fait la connaissance de l’onirique Sandman de Neil Gaiman. Évidemment, avec mon esprit tordu, et après avoir été titillé par quelques détails, j’ai commencé malgré moi à comparer les deux personnages, jusqu’à arriver à la conclusion que la contribution (volontaire ou non) de Gaiman sur la série Spawn ne s’était en fait peut-être pas bornée à l’écriture de quelques épisodes...

Et ce ne sont pas ses guides, Malebolgia et le Violator, qui lui tendront une main secourable. Une main à la rigueur, mais certainement pas la leur...

À son réveil d’entre les morts, Al Simmons est effectivement un peu perdu. Aussi, les seuls repères auxquels il pourra se raccrocher pendant cinquante épisodes seront ceux qui le définissaient en tant que « Al Simmons » sur Terre : son amour pour Wanda et la vengeance dirigée contre les commanditaires de son assassinat. Si ce dernier objectif se résoudra au numéro #83, avec la neutralisation de Jason Wynn, retrouver son amour perdu s’avère autrement plus compliqué. Aussi, après une longue quête remplie de frustrations et de déceptions, Spawn décide d’abandonner sa quête amoureuse, et par-là même l’identité d’Al Simmons, pour devenir Spawn, corps et âme. Il se sera entretemps affranchi de l’Enfer comme des Cieux (quelques épisodes avant le #100) et se définira désormais comme une force indépendante de toute autorité, animée par la seule volonté de puissance. Spawn se définit alors par ses actes et par cet unique credo : défendre la Terre et les humains (l’idéal de tout super-héros en somme). Mais pour arriver à cette certitude irréductible, il lui aura fallu se débarrasser de tout ce qui le rattachait à cette humanité. Affranchi de ses entraves, il devient le gardien des Hommes, leur objecteur de confiance, assurant les rôles d’avocat, juge et, au besoin, exécuteur. En ce sens, Spawn est devenu ce que Sandman est depuis le début : une entité quasi-omnipotente, au-dessus de la mêlée, organisant une sorte de grand équilibre cosmique à travers le destin des individus.

Par contre, là où Spawn renie l’autorité des Cieux comme de l’Enfer, Sandman ne peut cependant s’affranchir du panthéon auquel il appartient. Et même s’il n’a en définitive d’autres comptes à rendre qu’aux Humains, il est soumis à des règles strictes ; ce que n’a plus Spawn à ce stade de son évolution, et qui agit à la manière d’un despote éclairé. Sans doute faut-il voir là la symbolisation des croyances profondes de leurs deux créateurs.

Vous êtes encore là ?

En conclusion, si à première vue, Sandman et Spawn n’ont effectivement pas grand chose en commun, il est plus intéressant d’observer la direction qu’a prise McFarlane en développant son personnage. En ce sens, l’héritage de Gaiman sur l’œuvre de McFarlane s’étendrait bien au-delà de quelques scénarios et des droits de paternité sur certains personnages, et pourrait lui avoir servi de fil rouge, consciemment ou non, pour développer Spawn.




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